L’économie des signes de reconnaissance

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Dans sa théorie de l’économie des signes de reconnaissance, Claude Steiner, un auteur majeur en analyse transactionnelle, a mis en évidence qu’en matière de signes de reconnaissance, la société tend à privilégier des mécanismes visant à créer une pénurie.

Inculqués dès le plus jeune âge, par les parents et la société afin de susciter chez l’enfant les comportements qu’ils désirent, ces comportements se transforment en conditionnements, dont on a plus conscience à l’âge à l’adulte.

On en distingue 5 :

  • Ne donne pas les signes de reconnaissance que tu as envie de donner : il est souvent plus facile de ne pas donner de signes de reconnaissance que d’en donner.

    Par exemple : par pudeur, «parce que cela ne se fait pas» ou parce qu’on en a pas l’habitude, on tait parfois un signe de reconnaissance positif. D’ailleurs certains groupes sociaux ou milieux privilégient les signes reconnaissance négatifs et par conséquent auront tendance à taire les signes de reconnaissance positifs. Inversement, parce ce que l’on ose pas, par peur de blesser ou parce que cela ne se fait pas, on aura tendance à ne pas donner de signes de reconnaissance négatifs, à ne pas formuler de critique négative, même constructive.

  • Ne demande pas les signes de reconnaissance dont tu as besoin : ce conditionnement se nourrit du préjugé selon lequel un signe de reconnaissance qui n’est pas donné de manière spontanée ne serait pas authentique ou n’aurait aucune valeur.
  • N’acceptes pas les signes de reconnaissance que tu désires : par excès de modestie, par crainte de se mettre en valeur, on peut avoir tendance à minimiser, voire à refuser des signes de reconnaissance positifs, que pourtant on souhaite.
  • Ne refuses pas les signes de reconnaissance dont tu ne veux pas : pour ne pas vexer celui ou celle qui nous le donne, on ose pas toujours refuser un signe de reconnaissance dans lequel on ne se reconnaît pas.
  • Ne te donne pas de signes de reconnaissance à toi-même : on a souvent tendance à compter sur les autres pour nous donner des signes de reconnaissance, positifs notamment, alors qu’on peut tout à fait s’en donner aussi. Là encore, un excès de modestie nous conditionne souvent à ne pas reconnaître nous même nos succès, nos réussites.

Si on continue la métaphore de l’économie, les 5 mécanismes ci-dessus ne peuvent aboutir qu’à une pénurie, voire une crise des signes de reconnaissance.

Pour faire redémarrer cette économie des signes de reconnaissance de manière positive, plus saine, pour changer on peut contrecarrer ces 5 mécanismes en appliquant les 5 règles ci-dessous :

  • donner davantage de signes de reconnaissance et donner ce(ux) que l’on a envie de donner ;
  • demander les signes de reconnaissance dont on a besoin ;
  • refuser ceux qui nous blessent ou ne correspondent pas à ce que nous attendons ;
  • accepter ceux qui sont bons pour nous ;
  • se donner des signes de reconnaissance à soi-même :
    • tous les signes positifs dont on a besoin ;
    • apprendre à se donner des signes négatifs, dont on a besoin pour progresser, sans se faire mal.

 

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